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Son monde sans dangers

  • Photo du rédacteur: niniChan
    niniChan
  • 21 avr.
  • 2 min de lecture

Jaja, c’est le petit dernier de la fratrie. Un petit garçon plein de vie, attachant, et un vrai défi

pour nos cœurs de parents. Si vous cherchez une étiquette ou un diagnostic clair, vous ne trouverez rien. Les médecins ont écarté l'autisme, ils tâtent le terrain, cherchent, mais au final... ils ne savent pas. Pour eux, c’est un "mystère médical". Il est juste lui.

Il y a eu cet épisode, quand il avait 2 ans et demi. Un "reboot" complet, comme on pourrait l'appeler. Du jour au lendemain, il a arrêté de parler. Silence radio. Pendant plus d'un mois, le monde de Jaja est devenu muet. Et puis, aussi soudainement, la parole est revenue. Et cette fois, c'est nous qui sommes restés sans voix, mais surtout soulagés. Ce fut la première leçon d’une longue série : avec Jaja, il faut apprendre à lâcher prise sur ce qu’on ne contrôle pas.

Mais s'il y a bien une chose qu'on contrôle (ou qu'on essaie de contrôler !), c'est la sécurité. Ce petit électron libre n'a aucune notion de danger. Zéro. Pour lui, le monde est un terrain de jeu ouvert, sans limites. La dernière fois, alors que son père discutait avec son professeur, il a décidé, sans prévenir, d'aller faire "un tour". Il a disparu tout simplement en une fraction de seconde.

Il y a eu cet épisode, aussi, près de la rivière. Une attraction magnétique, presque maladive pour l'eau depuis aussi longtemps qu'on s'en souvienne. On a dû le rattraper in extremis. C’est ce jour-là qu’on a décidé de l’inscrire aux cours de natation. On ne peut pas le mettre sous cloche, alors on lui donne les outils pour naviguer dans ce monde qui l’attire tant. Maintenant, il essaye de temps en temps de respirer sous l'eau... au cas où... peut-être que sur un malentendu, Mère Nature lui offrirait une paire de branchies pour son anniversaire. Qui ne tente rien n'a rien, comme on dit !


C’est un quotidien fait d’une attention de chaque seconde. On est toujours sur le qui-vive, toujours en alerte. Cela peut être épuisant, nerveusement parlant. Mais dès qu'on le regarde, tout est oublié. Car par-dessus tout ça, il est juste lumineux, rit pour un rien, fait des blagues tellement nulles qu'elles en sont drôles.

Il est également ce petit garçon qui a besoin d’être rassuré. "Maman, tu es en colère contre moi ?", "Maman, est-ce que tu m’aimes encore ?", "Je te t'aime l'infini times l'infini... c'est beaucoup !".

Il a besoin de savoir, encore et encore, que notre amour est inconditionnel, qu'il est en sécurité avec nous. C’est paradoxal : il fonce tête baissée vers le danger, mais il a besoin de cette ancre émotionnelle pour être bien. Il n’est pas comme les autres enfants, et il ne le sera probablement jamais. Mais il est le nôtre, avec ses silences, ses fugues, ses peurs et ses besoins immenses de tendresse. On avance, un pas après l'autre. Je vous ai parle de sa passion pour les fourmis ?

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