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Quand les échecs sortent du plateau

  • Photo du rédacteur: niniChan
    niniChan
  • 24 avr.
  • 2 min de lecture

Jaja aime les échecs. Mais pas seulement pour y jouer. Lui, il les vit.


Avec lui, une partie peut commencer n’importe où. Même (surtout) dans un supermarché, entre deux rayons et quelques regards perplexes.


Tout démarre toujours pareil :

« On fait les échecs ? »


Et là, chacun reçoit son rôle. Moi, je suis invariablement la reine. Daddy, c’est le roi. Ce qui veut dire qu’il avance à une allure désespérément lente et qu’il finit toujours à la traîne. Mais il joue le jeu, et c’est bien ça qui compte.


Le carrelage devient notre échiquier. Chaque case guide nos pas. On se déplace comme les pièces qu’on incarne, avec plus ou moins de grâce selon les situations, et surtout selon les rayons à contourner.


Miss M, sa sœur, n’a pas encore tout compris aux règles… ce qui rend le jeu encore meilleur. Elle se fait reprendre avec le plus grand sérieux :

« Mais non ! Le chevalier ne se déplace pas comme ça ! »

Et évidemment, ça nous fait rire encore plus.


BabyChan, le grand frère, joue parfois avec nous. Mais attention : niveau règles, il est encore plus strict que Jaja. Chez lui, ce n’est plus un jeu, c’est une affaire sérieuse. On lui dit souvent qu’il a 70 ans dans un corps d’ado. Surtout quand il commence à râler ou à annoncer la pluie avec ses articulations qui craquent.


Autour de nous, les gens regardent. Certains sourient, d’autres jugent, beaucoup ne comprennent pas. On devine les pensées sans qu’un mot soit prononcé.


Et nous, on rit. Parce que Daddy est en retard. Parce que Miss M invente ses propres règles. Parce que BabyChan surveille tout comme un arbitre officiel. Parce que Jaja transforme un simple moment banal en aventure.


Alors oui, on pourrait faire les adultes. Être discrets. Ne pas attirer l’attention.


Mais franchement… à quoi bon ?


Ces moments-là valent largement quelques regards étonnés. Ils transforment les courses en souvenirs, et la routine en terrain de jeu.


Et puis au fond, accepter de jouer, c’est peut-être ça, le vrai sérieux.

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