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Le glamour très relatif de la chirurgie

Photo du rédacteur: niniChan
niniChan
20 mai
3 min de lecture

Je voulais raconter mon opération, parce qu’il y a des expériences qu’on devrait raconter sans les lisser trop fort. Certaines choses sont déjà assez absurdes comme ça.


Comme je devais être là à 7h, j’ai pris un taxi à 6h30 pour éviter de réveiller toute la maison. J’arrive, et évidemment, je suis la première. Début de la grande aventure : on me tend la fameuse blouse d’hôpital, ouverte derrière, parce que manifestement la pudeur n’est plus au programme une fois les portes de l’hôpital franchies. J’en ai même eu deux. Apparemment, si mes seins relèvent du domaine public depuis l’allaitement, il fallait au moins préserver le reste du décor. On garde encore un peu de dignité, tout de même.


Chaussettes de contention, trop grandes (j'ai l'habitude de me chausser dans le rayon enfants), puis direction le bloc. L’ambiance était déjà posée.


J’avais prévenu les chirurgiens pour la sonde urinaire, parce que ce genre de détail, aussi minuscule soit-il sur le papier, peut devenir très important quand on vous demande de le porter comme si c’était parfaitement banal. On m’avait expliqué qu’au réveil, elle resterait en place jusqu’au lendemain matin. En théorie, c’était pour mon bien. En pratique, cela ressemblait surtout à une solution plus confortable pour tout le monde… sauf moi.


J’ai aussi parlé avec l’anesthésiste, notamment parce qu’il était question d’une anesthésie générale et d’une locale. Et si “locale” voulait dire péridurale, la réponse était non. J’avais déjà eu trois enfants sans ça ; il n’était pas question de commencer une nouvelle carrière de cobaye médical avec enthousiasme. Donc j’ai été très claire : s’il fallait souffrir pour éviter ça, soit.


Au réveil, première bonne surprise : pas de sonde urinaire ! J’ai pu me lever, aller aux toilettes seule, me changer, remettre mon pyjama et fonctionner à peu près normalement, ce qui n’était pas gagné. J’étais même seule dans la chambre, ce qui, franchement, relevait presque du confort cinq étoiles comparé au reste.


Il y a quand même quelques indispensables à connaître. Le thé à la menthe poivrée est une petite bénédiction, parce qu’avec la laparoscopie, on vous remplit le ventre de gaz, puis on vous laisse gérer le bouquet final : les douleurs aux épaules. Les épaules. Évidemment. Le corps humain a parfois un sens de l’humour qu’on n’a pas demandé.

Et pour aller aux toilettes, un coussin ou une serviette roulée contre le ventre, c’est loin d’être du gadget. Une fois rentrée, il y a aussi la fameuse technique du “mheeuu”, parce qu’après l’opération, le système digestif peut décider de faire grève sans prévenir. Très pratique, vraiment.




Juste après le passage au bloc, j’ai eu pas mal d’antidouleurs. En revanche, mes veines ont décidé de saboter la logistique avec une performance remarquable. Impossible de faire passer correctement quoi que ce soit par la perfusion de la main. Résultat : par voie orale ou piqûres, et cette charmante impression que mon corps avait signé pour un service minimum.


Le lendemain à midi, j’étais rentrée à la maison. Daddy est arrivé avec un fauteuil roulant, sauf que je n’ai pas pu m’y asseoir, donc j’ai marché à côté. Le romantisme hospitalier n’est pas toujours à la hauteur des films.


La voiture, en revanche, a été le vrai moment de poésie. Allongée, même complètement, c’était un supplice. Autant dire que le retour n’avait rien d’un défilé de victoire.

Mais au final, ce que je retiens surtout, c’est qu’il faut parler. Dire ce qui dérange, ce qui stresse, ce qui est hors de question. J’avais annoncé très clairement ce que je refusais et ce qui me faisait peur, et on m’a écoutée.

On m’avait prévenue pour la laparoscopie, avec la possibilité d’ouvrir si besoin. Et cela change tout de savoir à quoi s’attendre. Mieux vaut une cicatrice annoncée qu’une surprise au réveil.


Bref, mon expérience n’a pas été joyeuse, mais elle a été bien plus humaine que ce que j’imaginais.

Et franchement, dans un hôpital, ne pas se sentir comme un numéro, ça fait plaisir.

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