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Déménagement : le jour où le premier appart a fermé ses portes

  • Photo du rédacteur: niniChan
    niniChan
  • 21 avr.
  • 2 min de lecture

Après deux ans d’attente, le téléphone a enfin sonné le 20 mars. Une date était proposée : le 11 avril.


Ma réaction n’a pas été le soulagement immédiat, mais la panique pure : "Impossible, c’est le jour de la fête d’anniversaire à la piscine avec les copains de Jaja !" Comment Doudou allait-il pouvoir gérer ça tout seul ? Qu’allait penser Jaja de mon absence ?

Oui, j’ai failli refuser. Parce que, dans ma tête, la priorité, c’était ce moment de joie. Un anniversaire, c'est sacré.


Puis, la réalité a repris le dessus : on m’a dit que si je refusais, je repartais en bas de la liste. Deux ans de plus à attendre ? Peut-être. Alors, j’ai rappelé. J’ai accepté.


Les semaines qui ont suivi ont été compliquées. C’était un mélange étrange entre la préparation de la fête, le gâteau (pour être un peu présente quand même), et le tourbillon des rendez-vous pré-op.



J’ai dû apprendre à apprivoiser des mots qui font peur, comme "sonde urinaire", "injections à la maison", "chaussettes de contention", "laparoscopie" ou "double anesthésie", avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête : la grande probabilité de devoir faire une ouverture complète.


On ne se sépare pas de son utérus comme on change de sac à main. C’est le premier appart que j’ai offert à mes enfants. C’est là que tout a commencé. Quant à mes "boîtes à œufs", ils m’ont permis de les garder. C’est au moins ça !


Ce n’est pas seulement un organe qu’on retire, c’est une page qu’on tourne. C’est un mélange bizarre de tristesse : celle de devoir quitter cette partie de mon corps et de mon histoire et de nécessité vitale, à cause des différentes pathologies qui squattaient l’appart.

Il fallait que je coupe un bout de moi pour continuer à être entière.Parfois, la vie nous impose des déménagements forcés. On quitte un endroit qu’on a habité, où on a créé des souvenirs, et même si on sait que c’est pour le mieux, ça serre un peu le cœur. Je suis passée par là, entre la fête à la piscine dans ma tête et la réalité du bloc opératoire.

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